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Le protocole

 

Sur une durée parfois très courte, la musique peut faire émerger en nous des émotions, des sensations ou des souvenirs variés. Si elle fait la popularité d’artistes à travers les siècles, la musique est aussi utilisée comme thérapie complémentaire dans de nombreux domaines médicaux comme le traitement des douleurs, les pertes de mémoires liées aux processus démentiels, les troubles des interactions dans l’autisme etc… Cette action thérapeutique peut être liée à son type d’utilisation nécessitant un cadre comme répéter des rythmes pour travailler sa mémoire, utiliser la musique comme interaction humaine dans les troubles de la socialisation ou bien plus passivement par la seule écoute musicale comme dans la gestion de la douleur, en particulier en aiguë (chirurgie, dentisterie…). Les neurosciences, sur un plan cérébral, et la psychiatrie, sur un plan clinique, ont étudié l’impact émotionnel de la musique. 

D’un point de vue cérébral, les études suggèrent une implication du système limbique et des amygdales, zones des émotions. Schématiquement, la musique peut intervenir en modifiant l’activité neuronales dans des zones extrêmement variées du cerveau comme l’hippocampe (permettant l’encodage des souvenirs), le striatum ventral droit (connecté au pallidum vers le système limbique et incluant le nuceus accumbens, impliqué dans le circuit de la récompense et la dépendance), le cortex auditif (temporal, traitant les sons), des aires motrices (Koelsch 2014). Plus pertinentes, nous concernant, sont les études cliniques sur la musique et son impact émotionnel. Il existe un nombre impressionnant d’étude sur la gestion de l’anxiété et/ou de la douleur autour de la chirurgie (plus ou moins invasive) ou de soins dentaires (Corbijn van Willenswaard, Lynn et al. 2017, Jayakar and Alter 2017, Meghani, Tracy et al. 2017, Rossetti, Chadha et al. 2017, Bradt and Teague 2018, Garcia-Perdomo, Montealegre Cardona et al. 2018, Kuhlmann, de Rooij et al. 2018, Walker and Mc- Naughton 2018, Ainscough, Windsor et al. 2019, Chuang, Chen et al. 2019). Ces travaux montrent toujours un effet positif, parfois modéré, mais toujours conforme à ce qu’on appelle les thérapies complémentaires (www.cumic.net).

Dans la dépression, il existe moins d’étude et singulièrement on retrouve très peu d’étude centrées sur les symptômes anxieux et/ou dépressif en dehors de situations médicales. L’étude de la littérature fait surtout apparaitre que le choix de la musique est toujours celui de playlists, parfois choisies sur le patient, mais jamais de sons. Bien sûr, il existe une grande variation dans les types de musiques pouvant agir sur un individu en particulier, rendant difficile une généralisation. L’un des aspects ouverts par les neurosciences est l’existence d’ondes de fréquences spécifiques au niveau cérébral. Ces ondes de fréquences faibles, en particuliers alpha, beta et gamma en lien avec les différents états d’éveil, du moins au plus vigilant sont modulés par l’état psychologique mais aussi par certaines pathologies (comme l’épilepsie). On peut les mesurer et on a observé que les activités d’écoutes musicales (mais aussi relaxation ou de mindfullness) pouvaient agir sur ces ondes. Bien sûr, c’est aussi le cas de la musique (Daly, Malok et al. 2014, Fernandez-Soto, Martinez-Rodrigo et al. 2018, Koelsch 2018). Là encore les études utilisent le plus souvent des morceaux musicaux, il est donc difficile de savoir précisément quel son peut produire quel effet.

 

Nous étudions l’effet clinique des caractéristiques du son (durée, intensité, timbre, hauteur mais aussi transformation des timbres, association des hauteurs, passages de hauteurs) dans le cadre de textures sonores produites par Moooon ayant des spécificités singulières sur le plan de la densité, matière, des contrastes, des évolutions du son. Cinq de ces environnements sonores ayant des caractéristiques et spécificités différentes, sont étudiés.

Dans le cadre de la mise en place du protocole médical en partenariat avec le CHU de Nantes, l’Inserm de Caen et avec le soutien de la SACEM université, Moooon a développé une application ayant pour but d’analyser l’effet des environnements sonores sur des individus atteints d’anxiété généralisée grâce au test de Spielberger introduit avant et après l’écoute des sons. 

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L'étude clinique est basée sur une méthode précise pensée par le professeur et chef de service psychiatrique du CHU de Nantes, Olivier Bonnot.

 

Dans un premier temps, les patients répondent à une série de question du test de Spieleberger afin d'évaluer leur état avant l'écoute. Ils sont ensuite mis en condition d'écoute, allongés, les yeux fermés avec un casque comme diffuseur d'audio. À la suite de cette écoute, les patients répondent à la même série de questions afin de voir si les sons ont provoqué un changement sur leur état. Les données sont ensuite analysées par Olivier Bonnot. 

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La méthode protocolaire

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